Impression d’un soir
Il faisait beau lorsque nous avons présenté «LES MANGEURS D’AURORE» à Gençay (86160 Vienne) au festival du Centre Culturel La Marchoise.
Ce détail climatique a son importance ! Nous jouions dehors, dans un superbe parc ; et quand le soleil est tombé, que les ombres des bâtiments se découpaient, que les arbres frémissaient dans le noir éclairé de la lune, je percevais les spectateurs dans l’ombre.
Alors, dans la musique et les fulgurances poétiques d’Antoine Compagnon, dans les mots de mon récit enveloppé par l’écho des paroles de Madame Renée Sarrelabout, j’ai eu l’impression à la fin, alors que nous étions réchauffés par les applaudissements nourris des spectateurs qu’ensemble, à ce moment-là, nous étions des VIVANTS. Les dessins de Madame J. L’Herminier, elle aussi rescapée du camp de concentration de Ravensbruck étaient accrochés comme du linge sur un fil tendu entre deux arbres ; linge comme une trace indélébile des habitants de la grande maison des humains.
Et puis, on a bu un verre et discuté et encore discuté en écoutant la voix de Renée Sarrelabout enregistrée par François Petit à Tarbes.
Et je regardais sur l’écran le visage de Renée, et je regardais les spectateurs qui la regardaient, et qui l’écoutaient témoigner, et j’étais juste bouleversée et fière de l’aventure humaine et artistique des «Mangeurs d’Aurore».
Michèle BOUHET

























